Bon pour le moral
27 mai 2006
A Lyon (stade Gerland) - Stade Toulousain bat Bourgoin 37 à
12 (mi-temps: 9-11)
Temps superbe et chaud; belle pelouse; 30.000 spectateurs
environ; arbitrage de M. Berdos
Pour Bourgoin: 4 pénalités de Péclier (21, 34, 38, 47).
Pour le Stade Toulousain: 5 essais de Fritz (33), Jauzion (42,
80), Clerc (53, 71); 1 pénalité d'Elissalde (23); 2
transformations d'Elissalde (42) et Michalak (71, 80) ; 1 drop
de Michalak (40).
Bourgoin: A. Forest; Carmona, Boussès, Giorgadze, Coux; (o)
Péclier, (m) M. Forest; Pétrilli, Bonnaire, Frier; Pierre, Del
Fava; Cardinali,Cabello, Milloud.
Stade Toulousain: Garbajosa; Clerc, Fritz, Jauzion, Heymans;
(o) Michalak, (m) Elissalde; Lamboley, F. Maka, Bouilhou;
Pelous, Millo-Chluski; Hasan, Bru, Poux.
Alors que le moindre calcul destiné à "choisir" son futur
adversaire pour les demi-finales n'avait jamais été envisagé
du côté stadiste, l'ambition des Rouge et Noir était claire
pour ce déplacement à Lyon. Le staff mettait à profit cette
rencontre pour procéder à une répétition générale, ultime
galop d'essai avant d'aborder les phases finales du
championnat 2005-2006. La conclusion est évidemment
satisfaisante, puisque c'est une formation stadiste très
convaincante qui s'est imposée sur le terrain habituellement
dévolu aux footballeurs de l'OL. Même si le CSBJ n'avait
strictement rien à jouer lors de cette ultime journée, la
performance n'est pas anecdotique et permet aux coéquipiers de
Yannick Bru de conserver la dynamique positive entamée depuis
maintenant plusieurs semaines.
Pour cette dernière journée sans enjeu quant à la
qualification proprement dite pour les demi-finales, Guy Novès
avait sorti l'artillerie lourde: le XV de départ, si l'on
excepte les forfaits de Clément Poitrenaud et Yannick Nyanga
(gastro-entérite), était composé quasiment à 100% des
habituels titulaires. C'est Xavier Garbajosa qui était
titularisé à l'arrière, alors qu'en troisième ligne, c'était
Jean Bouilhou, au départ prévu remplaçant, qui se substituait
à l'ancien Biterrois au poste de flanker. Trevor Brennan,
incertain après s'être fait marcher sur la cheville à
l'entraînement, était finalement partant mais s'asseyait sur
le banc. Quoi qu'il en soit, avec le retour espéré de
Poitrenaud pour les demi-finales, le groupe des 22 ne devrait
pas subir de modifications majeures dans une semaine.
Disputée sur un faux rythme, l'entame de la rencontre ne
délivrait aucune occasion d'essai digne de ce nom. Appliqués,
les Toulousains faisaient pourtant bonne impression et
tenaient la dragée haute à une équipe berjalienne dont la
solidité "à domicile" n'est évidemment pas à démontrer. Après
un échange de pénalités (l'inévitable Péclier ouvrait le score
à la 21ème, mais Elissalde répliquait quasiment dans la
foulée), c'est Toulouse qui marquait peu à peu le match de son
empreinte, accentuant la pression sur son adversaire et
dominant de plus en plus nettement au fil des minutes. Le bon
comportement global des visiteurs trouvaient enfin une
récompense à la 33ème minute de jeu. Après deux pénalités
largement dans les cordes d'Elissalde mais que le demi de
mêlée avait préféré jouer, Florian Fritz inscrvait le premier
essai de la partie. C'est une action solitaire qui permettait
au centre international d'aplatir: suite à un regroupement à
quarante mètres environ de l'en-but, l'ancien Berjallien
s'emparait du cuir et perçait à lui seul la défense iséroise,
pour réussir sa neuvième réalisation de la saison. C'est
malheureusement à ce moment-là que le Stade commençait à faire
des fautes qu'il ne commettait pas en début de rencontre.
Péclier passait en cinq minutes deux coups de pied, grâce
auxquels sa formation prenait la tête (9-7). C'est pourtant le
Stade Toulousain qui virait en tête à la pause: une géniale
inspiration de Fred Michalak, en toute fin de mi-temps,
donnait in extremis l'avantage à son équipe. Le demi
douverture réussissait en effet un drop de plus de quarante
mètres, et c'est donc nanti de deux points d'avance (11-9) que
ses coéquipiers regagnaient les vestiaires. Un avantage certes
minimal, mais plutôt mérité au vu de la bonne tenue du jeu
toulousain depuis le coup d'envoi.
Il ne fallait pas s'attarder à la buvette durant la pause,
puisque le Stade doublait la mise après une minute seulement.
Xavier Garbajosa, très en jambes, initiait l'action et donnait
à Jauzion. Ce dernier transperçait le rideau défensif avec une
facilité déconcertante et donnait à Bouilhou, arrivé en
renfort. Finalement repris à deux mètres de l'en-but, le
flanker trouvait le moyen de redonner au même Jauzion, de
façon pour le moins acrobatique. Le centre international
imitait son compère Fritz et aplatissait à son tour.
La réduction du score par Péclier n'allait pas avoir le temps
d'inquiéter les Toulousains. A la 53ème minute, Clerc y allait
de son essai, creusant un peu plus l'écart. Au départ de
l'action, on eut pourtant l'impression que la séquence,
confuse, ne pouvait aboutir: car si le Stade obtenait une
mêlée à trente mètres, la sortie de balle était
considérablement gênée par les Berjaliens. Fritz parvenait
pourtant à donner à Clerc, qui, d'un coup de pied à suivre, un
sprint et un crochet plus tard, marquait au terme d'une
splendide action en solitaire. C'est le moment que choisissait
Guy Novès pour procéder aux premiers changements: à une
semaine de la demi-finale et par une chaleur accablante, il
fallait ménager les organismes. Pelous, Bru, Elissalde et
Finau Maka laissaient respectivement leurs places à Brennan,
Lacombe, Dubois et Isitolo Maka.
Ces changements ne signifiaient pas, bien au contraire, que
les Toulousains baissaient de rythme. Affichant toujours une
belle maîtrise sur les débats, ils marquaient l'essai du bonus
au terme d'une magnifique action collective, au cours de
laquelle un nombre impressionnant de joueurs touchaient le
ballon. La séquence s'achevait par une véritable offrande de
Fritz pour Clerc, qui marquait entre les poteaux. Au même
moment, on apprenait que Biarritz marquait également à
Narbonne son quatrième essai. Une information capitale qui
signifiait que le BO ne pouvait plus être rejoint en tête du
classement, désignant du même coup le Stade français comme
adversaire pour les Toulousains en demi-finale. Jauzion
parachevait l'oeuvre toulousaine dans les arrêts de jeu,
donnant à la victoire stadiste des allures de démonstration.
Le plein de confiance est fait.